Un soir d’hiver en 1906, le corps sans vie d’une petite blonde de 8 ans est retrouvé dans une rue du centre-ville de Bruxelles.
Le crime est violent et abject.
La police multiplie les erreurs.
La presse en fait ses choux gras.
Le meurtrier, lui, n’est jamais arrêté.
Ce crime demeuré irrésolu devient “l’Affaire de la rue des Hirondelles”; la petite blonde, “la martyre de Bruxelles”.
120 ans plus tard, une historienne des femmes et des filles raconte sa version de l’Affaire de la rue des Hirondelles en nous emmenant dans le Bruxelles de 1906 où se croisent la victime, ses copines, sa famille et de nombreux·ses Bruxellois·es emporté·e·s dans le tumulte de ce drame.
Récit choral porté par des comédien·nes amateur·ices, Qui a tué Jeanneke ? détourne les codes du true crime pour proposer une variation sensible et poétique d’un fait soi-disant divers.
Recherche, écriture & réalisation : Laura Di Spurio
Script-doctor : Alexandre Mailleux
Assistante-réalisatrice : Laure Tisseyre
Prise de son : Diana Dolce, Valérie Leclercq et Eliot Ratinaud
Montage : Diana Dolce
Musique : Valérie Leclercq
Le Crime accompli est interprété par Claire Vailler
Bruitage : Céline Bernard
Assistante au bruitage : Fanny Roi
Stagiaires au bruitage : Lucas Kontantinidis et Adrien Moujahid
Prise de son des bruitages : Joachim Glaude
Mixage : Nicolas Dennefeld
Jeanne Van Calck est interprétée par Lex Girard-Voss.
Avec les voix de : Guillaume Alexandre, Olivier Bertrand, Giulian Bordonaro, Naëlle Brault-Medale, Sophia Brouwers, Arno Capostagno, Jean Chard’Homme, Anna Coeckelberghs, Miles Coeckelberghs, Mali Cornu-Raverdy, Léa D’Alessandro, Gianna D’Alessandro, Viktoria De Bock, Clara De Boeck, Théa De Boeck, Ariane De Croo, Tommy De Ganck, Andrea Dell’Aria, Nicolas Delsaute, Bertrand Delubac, Marvyn De Nizza, Suzanne Depret, Anaël Desablin, Louie Desablin, Elena Devue, Pauline Devue, Laura Di Spurio, Gary Edern, Bruna Felix Canella, Sophia Felix Canella, Maria Gabar, Lex Girard-Voss, Roméo Gonzalez, Héléna Gossiaux, Caroline Heering, Camille Holemans, Kamiel Huyge, Mira Huyge, Oriane Leclercq, Valérie Leclercq, Rachel Lempkowicz, Joffrey Liénart, Balto Majerus, Maria Martin de Amalgro, Marie Massaux, Martin Meersman, Arnaud Melun, Elisa Melun, Rosalie Melun, Salvatore Monachino, Sasha Monedero-Leclercq, Yolène Monedero, Carmen Rassaux, Mohammad Safi, Casimir Schilling, Julia Simar-Garcia, Corentin Skwara, Shirley Thibaut, Paul Thoreau, Laure Tisseyre, Renaud Van Camp, Milla Van Lierde, Sarah Van Praet.
Graphisme et illustration : Iris Lafon
Production : Atelier de création sonore et radiophonique & Comme un Lundi
Avec les soutien du Fonds d’Aide à la Création radiophonique (FACR) – Fédération Wallonie-Bruxelles & le Fonds Wernaers – Fonds de la Recherche scientifique (FNRS)
Remerciements : Carole Benoist, Florence Huybrechts, Shirley Thibaut, Marie Voss & les parents des jeunes interprètes pour leur disponibilité et leur confiance.
Crédits iconographiques
Certains documents iconographiques reproduits sur les visuels des épisodes proviennent des collections du Mundaneum (épisodes 1, 5 et 8), de la KBR – Bibliothèque royale de Belgique (épisodes 4 et 6) et des Archives de la Ville de Bruxelles (épisodes 2, 7 et 9).
Leur reproduction est effectuée avec l’autorisation des institutions concernées.
Toute réutilisation ou reproduction est soumise à leur accord préalable.
Les autres documents iconographiques proviennent de la collection personnelle de la réalisatrice.
“Que faisais-tu la nuit du crime entre 19h et 23h30 ?”
Dans les rues de Bruxelles en 1906, pas besoin de préciser à quel crime la question fait référence. Tout le monde le sait : “le crime”, c’est celui de Jeanne Van Calck, une Bruxelloise de huit ans dont le corps dépecé a été retrouvé dans une rue du centre-ville un soir de février de la même année. Dans les journaux, il devient L’Affaire de la rue des Hirondelles. Tous les jours ou presque, l’Affaire occupe la rubrique des faits divers. Pendant des mois – voire des années, ce meurtre irrésolu hantera la Belgique.
Il faut dire que l’Affaire de la rue des Hirondelles est puissante, tragique, romanesque, burlesque et très souvent tristement comique. C’est une histoire multidimensionnelle qui révèle comment la mort brutale d’une fille de 8 ans ébranle une communauté, une ville et un pays. Et pourtant, aujourd’hui, presque plus personne ne connaît Jeanne Van Calck, la Jeanneke de cette création sonore. Certes, un obscur groupe de rock a récupéré son nom, des balades autour de son crime sont organisées et certains journalistes y ont consacré quelques papiers. Mais personne ou presque n’a jamais raconté cette histoire.
C’est comme si Jeanne m’avait attendue. Comme si on était faites pour se rencontrer : moi, l’historienne des filles et elle, “la martyre de Bruxelles”. La chercheuse en histoire que j’étais s’en est persuadée. Cette fable que je me raconte m’a même emmenée à l’Université d’Oxford. Rien que ça. Et puis, j’ai quitté le monde académique, mais Jeanne m’a poursuivie. Qui a tué Jeanneke? est née.
Contrairement à ce que le titre annonce – et c’est volontaire, ce podcast n’est pas construit autour du whodunit et ne tire pas le portrait psychologique d’un tueur. À la manière d’un true crime classique, je pourrais analyser des heures durant la très boiteuse enquête de 1906 et prétendre résoudre l’Affaire cent vingt ans ans plus tard. Mais ce serait, je pense, bien trop cliché en plus d’être prétentieux et illusoire. Et puis, ce n’est pas ce qui intéresse l’historienne que je suis et encore moins la réalisatrice.
Ce que mon Affaire de la rue des Hirondelles cherche à faire entendre, ce sont les émotions, les peurs, les colères et les silences laissés par le meurtre irrésolu d’une enfant. En redonnant vie et voix à Jeanne Van Calck et aux habitant·es de la ville de Bruxelles, le podcast se détourne ainsi du crime et de l’enquête policière pour proposer un récit au ras du sol, centré sur la victime et sur celles et ceux qui restent.
Comme un pied de nez résolument politique au true crime, Qui a tué Jeanneke ? interroge et malmène notre fascination pour le crime, hier comme aujourd’hui.








